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Comment la flèche de la cathédrale de Strasbourg a échappé à la démolition

Éloïse Adnet-Moretti 2 min de lecture
Comment la flèche de la cathédrale de Strasbourg a échappé à la démolition

Impossible d’imaginer Strasbourg sans la silhouette de sa cathédrale. Pourtant, le 24 novembre 1793, sa flèche a bien failli disparaître. Lors d’une séance du club des Jacobins, Téterel propose d’abattre la tour jusqu’à la plate-forme. Une motion appuyée par les représentants et par Bierlin, mais qui ne sera pas adoptée dans son ensemble.

Le lendemain, les commissaires de la Convention demandent à la municipalité de faire retirer les statues de pierre entourant le temple de la Raison. La cathédrale avait alors perdu son rôle d’église catholique. Les destructions visent finalement la façade : 235 statues sont détruites les 7, 8 et 9 décembre 1793.

Une flèche trop coûteuse à abattre

Ce n’est pas l’attachement au monument qui sauve la flèche. Les élus jugent surtout sa démolition trop chère. Ils choisissent une autre démonstration révolutionnaire : installer un symbole de liberté au sommet de la pyramide.

Un immense bonnet rouge en tôle, peint d’un rouge vif, est donc réalisé avec quatre grandes guirlandes de feuilles de chêne. Les travaux se déroulent entre mai et juin 1794. La facture du maçon Burger atteint 2 991 livres et 68 centimes. Le bonnet, haut de plus de 10 mètres, est posé le 13 juin 1794. Les Strasbourgeois l’auraient surnommé Kàffeewärmer, ou chaufferette à café.

Des traces dans le centre de Strasbourg

Le bonnet est retiré le 17 avril 1802. Réclamé par le bibliothécaire Jean-Jacques Oberlin, il est conservé au Temple-Neuf parmi les curiosités historiques de la ville. Il disparaît dans l’incendie du 24 août 1870, lors du bombardement allemand.

L’épisode reste toutefois visible dans le centre-ville. Au 24 place de la Cathédrale, le buste de Jean-Michel Sultzer orne une maison. Une tradition locale lui attribue l’idée du bonnet révolutionnaire, pensé pour être aperçu à des kilomètres, au-delà du Rhin. L’enseigne posée en 1977 représente d’ailleurs la flèche coiffée de son bonnet de 1794, rapporte sciencepost.fr.

Source : sciencepost.fr

Éloïse Adnet-Moretti

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